Des "Notes de lecture" et des "Méditations" vous ouvriront une petite porte sur mon univers.
Bonne visite !
Histoire et
histoires
m'écrire

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Image de fond : Le Rat de bibliothèque (Der Bücherwurm) toile du peintre et poète allemand Carl Spitzweg (1850) Musée Georg Schäfer à Schweinfurt
C'était un vieux monsieur qui avait jeté l'ancre derrière un vieux perré envahi de yuccas. Un regard malicieux auquel on ne s'attendait pas chez un homme diminué par le poids des ans et la pesanteur d'un corps qui ne répond plus. Voulait-il nous rassurer par ce regard ? nous qui abordions ses rivages après avoir cheminé dans des terres salines. Nous dire qu'au bout du chemin il ne fallait pas craindre l'immensité et l'amertume de la mer et de l'inconnu.
Psychanalyste, psychologue et pédagogue, Gilbert Terrier a fondé en 1954 à Paris l'Association de Réadaptation Psychopédagogique et Scolaire et une institution d'enseignement et de soins orienté par la psychanalyse, aujourd'hui l'Hôpital de jour "La Grange Batelière" géré par cette association.
Afin d'éclairer son projet pédagogique et psychanalytique et de rendre compte de l'expérience, Gilbert Terrier a publié
deux livres avec Jean-Pierre Bigeault : Une école pour Œdipe, psychanalyse et pratique pédagogique et L'illusion psychanalytique en éducation.
Car Œdipe est aussi cet adolescent fugueur, cet enfant confus du destin qu'il se donne à lui-même, cette coïncidence
tranquille du Surmoi et de l'Idéal du Moi qui ferait d'Œdipe, s'il n'y prenait garde, un héritier sans conflit mais aussi sans grandeur.
(Œdipe adolescent Revue française de Psychanalyse 1973)
Eléments bibliographiques :
Avec Jean-Pierre BIGEAULT :
Une école pour Œdipe, psychanalyse et pratique pédagogique, Toulouse Ed. Privat 1975, 270 p.
L'illusion psychanalytique en éducation, Paris P.U.F. 1978, 272 p. (Pédagogie d'aujourd'hui)
Ces deux ouvrages ont été présentés respectivement par Georges MAUCO dans la Revue française de psychanalyse (juillet-août 1977), pp 757-760),
et par Jean-Pierre FILLOUX dans la Revue française de pédagogie (Vol. 48 1979, pp 52-56)
ici
Actes de colloque (direction J. CHASSEGUET –SMIRGEL)
Les chemins de l'anti-Œdipe, Toulouse Ed. Privat (bibliothèque de psychologie clinique) 1974
Œdipe adolescent, Revue française de Psychanalyse (Vol. 37 1973 pp 451-471)
Cet article est disponible sur Gallica :
Plus de fleurs de Lyarne sur le blog de Patricia :
L'aventure a commencé le 5 avril 2006.
Depuis cette date, 30 000 visiteurs ont visualisé 62 000 pages de ce blog.
Les 2315 pages vues le mois dernier, classent mars 2011 en tête de mes 60 mois de présence sur la "blogo-sphère".
Si deux tiers de mes visiteurs (sur le dernier mois) proviennent de moteurs de recherches, le tiers d'entre vous parvient directement sur mes pages. Merci de votre
fidélité.
Personne ne s'étonnera que l'article le plus lu en ce moment (et de loin) soit celui que j'ai consacré au Risque sismique sur le Pays de Retz le
31 octobre dernier.
Cependant vos commentaires se font rares !
Mes petites histoires vous laisseraient elles indifférents ?
PatBdm
Marc Voinchet, en recevant ce matin sur France-Culture cet "apprenti géographe" qu'est Régis
Debray,
Introduisait ainsi son propos : " En ces temps de bouleversements où les politiques, les économistes, les sociologues, et les géopolitologues semblent perdre leur
latin, est-ce qu’on n’est pas en train d’assister au grand retour des géographes ?
Eh bien si, puisqu’un géographe en herbe vient d’obtenir le prix Goncourt en la personne de Michel Houellebecq qui défend Cartes et territoires !"
Nous attendrons cependant la lecture du best-seller annoncé pour mettre les cartes de Houellebecq sur la table de la salle des cartes du défenseur d'Orsenna et comparer les mérites du géographe nouvellement intronisé avec ceux du professeur Gracq.
Dans son Éloge des frontières qui sort aujourd'hui (Gallimard), le médiologue Régis Debray, directeur de Médium emboîte le pas de Michel Foucher qui
collabore au dernier numéro de cette revue par un article sur Actualité et permanence des frontières. Car enfin, paradoxe de ce temps de mondialisation, on a jamais tant créé de
frontières !
Régis Debray dit le besoin de frontière, célèbre la frontière qui rassure mais relie, dont la porosité permet d'aller et revenir, la frontière qui marque la
différence et assure la demeure. "Il n'y a de vie que circonscrite" dit-il et sa "profession d'humilité" est aussi un plaidoyer du "politique contre l'économique" mais est-elle suffisante pour
décrypter un monde de réseaux ?
La même réflexion sur le "retour" de la géographie et des géographes pourrait être menée à propos du récent livre de Michel Foucher et Pascal Orcier, cartographe :
La bataille des cartes (François-Bourin, éd.) tel qu'en rend compte Gilles Fumey dans un café-géo
:
Quoi, écrit-il, est-ce si faux de déclarer la géographie "astre mort" quand les "géographes n’ont pas de visibilité en librairie" et préfèrent se réfugier derrière
la sociologie, l'histoire ou l'anthropologie ? "Demandez-leur un article en faveur d’un événement, un texte sur leur dernier livre... Non, ils préfèrent aller aux champignons. Car un géographe,
ça vit souvent à la campagne ou dans le péri-ubain où il faut cultiver son jardin."
Aux yeux de Gilles Fumey, la géographie de M Foucher reste sans ambiguïté dans le monde des vivants cher à Régis Debray : "Michel Foucher rappelle qu'on ne voit le monde qu’à partir de soi. La philosophie et la religion ne sont jamais loin de la géopolitique".
Debray, Houellebecq, Foucher mais aussi aujourd'hui le retour d'Amarande dans la blogosphère géographique
!
Samedi matin, huit heures, le soleil se lève derrière la criée du Croisic. Au pied du Lénigo, nous embarquons, officiels, sauveteurs de la SNSM, invités, venus là
conclure une année de commémoration de la bataille des Cardinaux.
L'occasion n'est pas si fréquente pour les fouilleurs d'archives comme pour les fouilleurs d'épaves, de saisir l'épaisseur de l'Histoire. Solennité bienvenue de l'hommage aux morts, le marin
comme l'homme de la côte n'oublie rien ; ni la beauté effrayante de la mer, ni l'infinie cruauté des hommes vouant leurs semblables au froid et à l'oubli.
Photo : Armelle C.LM
Lorsque je passe dans la rue Urvoy de Saint-Bedan, mon regard se tourne toujours vers une vieille boutique, à la devanture aux volets délavés, clos depuis longtemps.
Là était l'épicerie que mon arrière grand-mère Anne-Marie Philomène Daniel veuve Loüet tenait avant la guerre de 14. Ma grand-mère y est née, comme son jeune frère Paul le 27 février 1898.
Le 2 mai 1917
Ma chère Marie,
Je reçois ta gentille lettre ce soir, donc elle n'a mis que trois jours à venir, je t'en remercie j'aurais sans doute le colis demain soir.
Je ne vous ai pas dit que dans la nuit du 28 au 29, les boches ont attaqué six fois sans aucun résultat, ils ont pourtant essayé de nous asphyxier car je puis t'assurer que les obus de très gros
calibre à gaz tombaient par milliers, l'un d'entre eux a éclaté à l'entrée des gourbis où nous nous trouvions, et je suis sorti aussitôt ne voyant absolument rien, tombant à moitié asphyxié et
cela depuis 9 heures le soir jusqu'au matin, la plupart des hommes a du aller à l'échelon se reposer, nous avons tiré presque toute la nuit, épuisés nous nous sommes arrêtés ce qui nous a valu
une citation par une division de chasseurs, nous l'avons bien méritée et je te jure que les chasseurs ne donnent pas des citations à n'importe qui, le lieutenant nous a donc félicité et nous a lu
la citation qui dit : que la 2e batterie du 33e sous un violent bombardement de gros obus asphyxiants de gros calibre a tiré et ne s'est arrêtée que complètement épuisée, ça fait plaisir car nous
nous sommes donné beaucoup de mal.
Je vous dirai si le contenu du colis est bon.
Où nous sommes, le temps est magnifique, mais qu'est ce que nous recevons, des obus de tous calibres, tous les jours de légères blessures font évacuer des poilus, mais quel bruit et bombardement,
enfin espérons nous approchons de la fin.
N'en parlez pas de trop à Maman car le moral ne se remonte pas de trop et il ne faut l'inquiéter, ce n'est pas la peine.
Je ne vois plus rien pour le moment à te dire, surtout ne vous en faites pas de trop pour moi.
Bons baisers à tout le monde.
Paul
Le 6 mai 1917, à 18 heures, mon oncle Paul Loüet, deuxième canonnier conducteur à la 2e batterie du 33e régiment d'artillerie de campagne (18e division) est tué au Bois de Beau Marais, près
de sa batterie. Il avait dix neuf ans.
L'historique de l'artillerie de la 18e division note :
Dans la nuit du 30 avril, un bombardement en obus toxiques s'abat sur la forêt avec la densité d'une averse de grêle. De 7 heures du soir à 9 heures du matin, il dure sans arrêt. Le masque au
visage, les téléphonistes s'enfoncent à tâtons dans l'atmosphère empoisonnée et réparent les lignes littéralement hachées.
De toute l'artillerie soumise à cette épreuve, nos groupes restent à peu près seuls en état de tirer et peuvent répondre aux appels de l'infanterie inquiète à bon droit.
Cette résistance est due à la discipline du port du masque, à la volonté de remplir la mission coûte que coûte.
Elle mérite à la batterie Souchon, la plus éprouvée, une belle citation à l'ordre de la division.
La bataille du Chemin des dames va bientôt s'achever, près de 200 000 jeunes français y sont morts.
Que les croyants n'y voient pas offense, mais il est des circonstances où l'espérance ne semble plus être de mise face aux évènements dans leur brutalité.
Ce 19 mars, le Pays de Retz vous a perdu qui aviez élevé au rang de sacerdoce la Mémoire, la Culture, l'Histoire de notre petite province. Que l'on me dise que les cimetières sont pleins de
gens irremplaçables, que l'on me dise qu'un instant de folie a gâché tant d'espérances, n'y changera rien, les faits sont là et sont insupportables. Vous n'êtes plus là. Le doute "face à
l'adversité à laquelle on ne peut s'habituer" (1), "l'obsession blanche (2)", cette douleur d'écrire que vous aviez confié à plusieurs d'entre nous, où ce coup, bas sans doute, que
vous n'avez pas vu venir, vous ont enlevé à nous. Vous en vouloir n'aurait pas de sens mais comprenez notre désarroi devant le chantier dévasté par cette catastrophe imméritée. Lorsque nous
aurons séché nos larmes et ravalé notre colère, nous mesurerons la tâche accomplie et nous savons bien que le fléau de la balance s'inclinera pour saluer l'œuvre accomplie et les trésors de
générosité déployés pour cela.
Le 19 mars 2008, Marie-Françoise Charonnat, présidente de la Société des Historiens du Pays de Retz, nous a quitté.
Ici, sa "Lettre ouverte à un automobiliste pressé d'arriver à Pornic" et quelques vues de son cher
Haut-Moulin
(1) Comme l'écrit Stéphane Rouzeau dans le Courrier du Pays de Retz, reprenant une de vos lettres
(2) Valérie Valère Stock 1981, jeune fille qui jadis en mourut.
J'ai déjeuné l'autre jour à la table du rhapsode. C'était à l'issue d'une de ces pâles matinées d'hiver. Il avait gelé la nuit précédente, un grand feu brûlait dans l'immense cheminée et peinait à réchauffer les convives. Sur les traces de Vladimir Oulianov, nos amis russes avaient arpenté les rues de Pornic, Galina, appareil photo en bandoulière, découvrait l'océan, Efim méditait sur la profondeur du temps et le plaisir de l'instant. Olga admirait la lumière, l'éclair d'une voile blanche dans le port lui rappela Renoir et ses amis Caillebotte. Gérald songeait aux visiteurs illustres de la petite cité, aux chats de Léautaud et au prince des poètes. Notre hôte s'activait aux fourneaux, songeait-il au voyage gastronomique d'Alexandre III à travers
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