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Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 23:11

               "L'histoire documentée d'un objet - est l'une des meilleures façons de déterminer si un travail est ce qu'il prétend être"  écrit Noah Charney sur le site du Los Angeles Times à propos du Salvator Mundi attribué à Léonard de Vinci et exposé à partir de mercredi à la National Gallery de Londres.
                Cette maxime de bon sens me paraît devoir s'appliquer à l'histoire évoquée ici récemment à propos de deux versions ressemblantes de ce tableau.
                 Si l'on admet le travail des experts qui, dans les années 1970 pour le Salvator Mundi de la collection de Gamay, cette année pour celui présenté bientôt à la National Gallery, ont authentifié ces deux tableaux comme d'authentiques œuvres d'élèves de Léonard de Vinci ou du maître lui-même, on a évidemment un problème.
                 Aucune expertise n'est en mesure de prouver la paternité d'un tableau non signé. On peut dater un objet c'est-à-dire, comme ici pour chacun des deux, affirmer qu'il n'est pas une copie plus récente d'une œuvre ancienne. On peut affirmer par son aspect, son support, la technique employée qu'il est effectivement issu d'un atelier duquel sont sorties des œuvres attribuées à tel ou tel peintre ou à un de ses élèves.
                 Le mérite de Madame Snow-Smith, hélas décédée, est d'avoir proposé une histoire pour ce tableau. Basée sur des connaissances historiques, cette histoire est étayée par les apports de l'histoire locale.
                Une histoire documentée n'établit pas non plus de certitude, elle concentre pourtant les présomptions par une traçabilité mieux établie et historiquement cohérente on peut la résumer ainsi pour le Salvator Mundi de la collection de Gamay :

 

1507, le Salvator Mundi fait l'objet à Milan, d'une commande du roi Louis XII à Léonard de Vinci.
1512, après la mort de la duchesse Anne femme de Louis XII le tableau est déposé au couvent des Clarisses de Nantes.
1644, la reine d'Angleterre Henriette de France l'observe dans ce couvent.
1650, son graveur Hollar en établit une copie.
1793, le tableau est vendu lors de la dispersion du mobilier du couvent.
1866, le baron de Lareinty qui confirme la provenance du tableau, le prête pour une exposition à Paris, sur le catalogue il est attribué à Léonard de Vinci et sa correspondance avec la gravure de Hollar est confirmée.
1964, le professeur Heydenreich est le premier expert qui propose l'attribution du tableau à Léonard de Vinci.

 

                Curieusement, le tableau de l'ancienne collection Cook semble apparaître à la cour d'Angleterre au milieu du XVIIe siècle. La si probante gravure par Hollar oblige bien sur à cette origine, mais rien ne relie ce tableau à son origine milanaise et à son destin chaotique du siècle dernier. Ceci ne prouve pas non plus qu'il ne puisse être attribué à Léonardo.
               On s'aventure sans doute moins en attribuant les deux tableaux à l'atelier de Léonardo. Les experts des ventes précédentes les attribuaient  à deux élèves du maître : Marco d'Oggiono et Giovanni Antonio Boltraffio. La comparaison directe des deux œuvres permettrait sans doute d'en clarifier l'origine sinon la paternité.

       

                                                                                                                                      PatBdM

 

 

Hollar-Toronto.jpg

Salvator Mundi  gravure par Hollar (Université Toronto) : 

Leonardus da Vinci pinxit,    Wenceslaus Hollar fecit Aqua forti  Secundum Originale  A' 1650

 


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Commentaires

Une véritable enquête policière artistique, telle celles que propose Laurence Picquet sur la 5 le jeudi soir. Je reviendrai sur votre blog.

Commentaire n°1 posté par Catheau le 04/05/2012 à 09h35

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