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          Parmi les personnalités sélectionnées par Saint-Patrice pour son amorce d’encyclopédie publiée en 1887 « Nos écrivains » figure à l’article DARYL, un auteur de l’écurie Hetzel au destin hors du commun.
          Corse, mais anti-Bonapartiste, ce journaliste est à l’origine de l’affaire Victor Noir qui ébranle le Second Empire au début de 1870. En 1871, il épouse la cause de la Commune de Paris, ce qui lui vaut la déportation en Nouvelle-Calédonie dont il s’évade en 1874 avec Henri Rochefort. Exilé à Londres, il entame une carrière d’écrivain et publie de nombreux ouvrages notamment pour la jeunesse sous les pseudonymes de Philippe Daryl et André Laurie.

          D’après Saint-Patrice, le choix de pseudonymes est imposé par la situation irrégulière de l’exilé et maintenu par Hetzel pour éviter la référence trop explicite à  l’ancien communard.

          Le nom de Grousset alias Laurie est associé à celui de Jules Verne, son compagnon d’écurie chez l’éditeur alsacien. L’Epave du Cynthia est co-signé des deux écrivains, Les 500 millions de la Begum et L’Etoile du sud ont été ébauchés par Grousset.
         Passionné de sport et promoteur de l’idée d’éducation physique populaire, Paschal Grousset refuse néanmoins l’esprit de compétition, ce qui lui vaut la solide inimitié de Coubertin.


On lira avec intérêt la biographie que lui a consacré le nantais Xavier Noël en 2010 :
Paschal Grousset
De la Commune de Paris à la Chambre des députés, de Jules Verne à l'olympisme
 (Les Impressions nouvelles 2010)


          En janvier 1870, Paul Perret journaliste du Parlement, journal du Tiers Parti d’Emile Olivier, alors ministre de Napoléon III, va fustiger l’action de Grousset dans l’affaire Victor Noir, j’y reviendrai.
En 1887, lorsque écrit Saint-Patrice, il ne fait pas référence au pseudonyme André Laurie, et ne cite pas les œuvres signées sous ce nom.
          La gravure exécutée par Lilio prend clairement pour modèle la photographie de Grousset que l’on peut notamment retrouver dans l’encyclopédie des sports de 1924.

 

P-Grousset.jpg         Paschal Grousset (gravure de Lilio)

 

DARYL
(GROUSSET, Paschal dit Philippe)


Celui qui ressemble à Philippe Daryl comme un frère, Paschal Grousset, est né à Corte (Corse), en 1845. Il a terminé ses études au lycée Charlemagne, fait sa médecine avec passion et exercé jusqu'en 1865 les fonctions d'interne dans les hôpitaux de Paris:
 
Entré dans la presse comme rédacteur scientifique du Figaro hebdomadaire, il n'a pas tardé à se jeter dans la politique, et s'est trouvé, en mars 187l, envoyé à la Commune par les électeurs de Montmartre. Délégué par ses collègues au département des Affaires étrangères, il n'a pour ainsi dire fait qu'un saut du Quai d'Orsay à la cellule N° 3 de la prison de Versailles. Déporté en 1872 à la Nouvelle-Calédonie, il s'est, évadé de la presqu'île Ducos, le 18 mars 1874, en compagnie d'Henri Rochefort et d'Olivier Pain. Depuis cette époque jusqu'à l'amnistie générale de 1880, il a habité l'Angleterre. La loi sur la déportation lui interdisait formellement, sinon « de porter le nom de Pietro », du moins de signer des articles dans les journaux français; d'où le pseudonyme Philippe Daryl qu'il avait adopté pour ses études sur la vie et les moeurs des peuples étrangers. A la rentrée définitive en France, son éditeur Hetzel insista pour que ce pseudonyme fût conservé, pensant avec raison que les travaux purement littéraires doivent rester sur un terrain neutre. Depuis lors il a publié: la Vie publique en Angleterre ; Signe Meltroë ; Lettres de Gordon à sa sœur; En Yacht; le Monde chinois; Wassili Samarin ; la Petite Lambton
                                              

                                                                                                                                            Saint-Patrice

Tag(s) : #Notes de lectures