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Marc Voinchet, en recevant ce matin sur France-Culture cet "apprenti géographe" qu'est Régis Debray,
Introduisait ainsi son propos : " En ces temps de bouleversements où les politiques, les économistes, les sociologues, et les géopolitologues semblent perdre leur latin, est-ce qu’on n’est pas en train d’assister au grand retour des géographes ?
Eh bien si, puisqu’un géographe en herbe vient d’obtenir le prix Goncourt en la personne de Michel Houellebecq qui défend Cartes et territoires !"

 

Nous attendrons cependant la lecture du best-seller annoncé pour mettre les cartes de Houellebecq sur la table de la salle des cartes du défenseur d'Orsenna et comparer les mérites du géographe nouvellement intronisé avec ceux du professeur Gracq.

 

Dans son Éloge des frontières qui sort aujourd'hui (Gallimard), le médiologue Régis Debray, directeur de Médium emboîte le pas de Michel Foucher qui collabore au dernier numéro de cette revue par un article sur Actualité et permanence des frontières. Car enfin, paradoxe de ce temps de mondialisation, on a jamais tant créé de frontières !
Régis Debray dit le besoin de frontière, célèbre la frontière qui rassure mais relie, dont la porosité permet d'aller et revenir, la frontière qui marque la différence et assure la demeure. "Il n'y a de vie que circonscrite" dit-il et sa "profession d'humilité" est aussi un plaidoyer du "politique contre l'économique" mais est-elle suffisante pour décrypter un monde de réseaux ?

 

La même réflexion sur le "retour" de la géographie et des géographes pourrait être menée à propos du récent livre de Michel Foucher et Pascal Orcier, cartographe : La bataille des cartes  (François-Bourin, éd.) tel qu'en rend compte Gilles Fumey dans un café-géo :
Quoi, écrit-il, est-ce si faux de déclarer la géographie "astre mort" quand les "géographes n’ont pas de visibilité en librairie" et préfèrent se réfugier derrière la sociologie, l'histoire ou l'anthropologie ? "Demandez-leur un article en faveur d’un événement, un texte sur leur dernier livre... Non, ils préfèrent aller aux champignons. Car un géographe, ça vit souvent à la campagne ou dans le péri-ubain où il faut cultiver son jardin."

 

Aux yeux de Gilles Fumey, la géographie de M Foucher reste sans ambiguïté dans le monde des vivants cher à Régis Debray : "Michel Foucher rappelle qu'on ne voit le monde qu’à partir de soi. La philosophie et la religion ne sont jamais loin de la géopolitique".

Debray, Houellebecq, Foucher mais aussi aujourd'hui le retour d'Amarande dans la blogosphère géographique !
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Tag(s) : #Méditation