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Dans un article du dernier bulletin de la Société Archéologique de Nantes et de la Loire- Atlantique (2006), "Evêché de Nantes en 1552, approche comparative du temporel des paroisses" Mr l'abbé Hamon analyse un document manuscrit (Archives départementales de Loire-Atlantique 36 J 20) de l'année 1552.

            Ce texte établit la répartition d'un impôt de 4380 livres entre les 219 "clochers" de l'évêché : "…proceder et faire l'esgail et departement des 20 livres demandez par le roy notre sire cette présente année sur chamcun clocher".

            Dans la liste des paroisses, deux "bourgs" sont ainsi qualifiés, celui de Bourgneuf, pas encore "clocher" en titre mais "fillette" de Sainct Sire, et le Bourg des Moultiers, et sa fillette Prigne.

            La taxe étant modulée en fonction des capacités de chaque paroisse, l'auteur de l'article établit un classement dans lequel apparaissent parmi les plus taxées quelques  paroisses nantaises, l'ensemble Batz-le croisic, Coueron ou "l'île de Boign" qui fait alors partie de l'évêché de Nantes.

144 "clochers" sont taxés pour une valeur moyenne inférieure à 20 livres, bénéficiant ainsi du principe "du fort portant le faible".

Le Bourg des Moutiers qui conjointement avec sa fillette Prigny est redevable de 20 livres (30 sols pour Prigny) se situe dans la moyenne de taxation, alors que cette moyenne est atteinte ou dépassée par 75 clochers sur 219. A titre de comparaison, Saint-Similien, paroisse de la "fosse" à Nantes est taxée pour 22 livres, et, des deux paroisses de Machecoul résidence des seigneurs de Retz, la Trinité l'est pour 27 livres, Sainte Croix pour un peu moins. Saint Pierre du Bourg des Moutiers, paroisse étendue, (des faubourgs de Pornic à ceux de Bourgneuf) apparaît donc en meilleure place que la petite commune qui lui a succédé. Au XVIe siècle, l'activité salicole de la Baie a baissé en raison de nombreux vimers qui ont quelquefois submergés les marais salants, mais les Moutiers tiennent leur rang, sans atteindre toutefois la richesse de l'île de Bouin, paroisse la mieux pourvue en salines qui est taxée à 37 livres.

Les revenus de la Fabrique ne sont pas les seuls critères d'évaluation de l'importance d'une paroisse, son "trésor", vases sacrés et "joyaux" peut aussi entrer en ligne de compte. Le trésor du Bourg des Moutiers, connu par des inventaires postérieurs, n'était pas négligable.

 

 

 

Tag(s) : #Raconter son village