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Image de fond : Le Rat de bibliothèque (Der Bücherwurm) toile du peintre et poète allemand Carl Spitzweg (1850) Musée Georg Schäfer à Schweinfurt
Absent du môle de Pornic depuis près de 17 ans, l'Amiral Leray serait-il fâché avec sa bonne ville ? Il est vrai que si elle ne manqua pas de visiteurs illustres, Pornic cherche vainement dans ses enfants (cherche-t-elle d'ailleurs ?) quelque célébrité pour orner ses places et ses squares. Un marin, n'était-ce pas pourtant opportun ? de surcroît homme politique, membre du conseil général et député de Paimboeuf (1836-1846) qui s'intéressa en son temps au port de Pornic. Sur le point d'être battu aux élections de 1846, il en veut un peu à ses électeurs infidèles, tout en étant conscient que son "conservatisme" est de plus en plus battu en brèche à Pornic comme à Paris. En juillet 1846, il écrit à son cousin Alphonse Padioleau :
"On me dit que l'opposition est très active et me fait grande guerre, qu'elle se vante même d'avoir entraîné bon nombres d'électeurs de Paimbœuf qui jusqu'ici avaient voté pour moi. L'épreuve qui va se faire dans toute la France est décisive ; qu'on ne s'y trompe pas, il ne s'agit pas seulement de savoir qui de M. Thiers ou de M. Guizot sera ministre dirigeant, la question est plus grave et la voici dans toute sa netteté.
Il s'agit de se prononcer entre la politique conservatrice qui a maintenu la paix au dehors et la tranquillité au dedans en conservant à la France sa dignité vis à vis de l'Etranger (quoiqu'on en dise), en maintenant l'ordre et la liberté pour tous à l'intérieur, accroissant le crédit public et la prospérité publique et celle qui … compromettrait tout encore si elle ressaisissait le pouvoir. Je crois avoir été un représentant intelligent, indépendant et loyal de la première ; si on préfère un de la seconde ou un soi-disant conservateur qui n'ait pas fait ses preuves comme moi, qu'on le nomme."
Emporté par le choléra trois ans plus tard, l'amiral doit au docteur Bocandé maire, de revenir en 1855 à Pornic scruter la mer, même si ce n'est que sous l'apparence d'une effigie de bronze due à Amédée Ménard. Le vandale anonyme de 1990 qui crut bon de relever de rouge et jaune l'image du grand homme en précipita le départ. L'histoire se répète parfois, dit-on, et il paraît que les "badigeons disgracieux" mènent parfois à l'exil :
Echo de Paimboeuf du 19 juillet 1885
"Les baigneurs habitués à revenir tous les ans à Pornic ont pu remarquer cette année que le socle érigé sur le terre-plein du port est veuf de la statue de l'amiral Leray, qu'il était destiné à supporter. Nous sommes bien aises de pouvoir en donner l'explication. Il paraît que la veuve de l'illustre marin a demandé et obtenu de la municipalité de Pornic la permission de faire revenir cette statue à Paris et de la réexpédier après lui avoir fait subir quelques réparations nécessaires et notamment après qu'on lui aura rendu sa couleur primitive de bronze qu'un badigeon disgracieux avait si fort altéré depuis quelques années."
Une chose est sure, les pornicais d'alors n'attendirent pas 17 ans le retour de leur grand homme !
ce serait super de retrouver la statue, j'ai des vielles photos d'arrière grands parents posant devant.
l'orthographe s'est transformée....dommage c'est le Ray et no Leray
Espèrons qu'il réaparaisse ...