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La poétesse du Pellerin Adine Riom a publié de nombreux romans et recueils de poésie sous plusieurs pseudonymes.
C'est sous celui de Louise d'Isole qu'elle participe en 1889 au recueil Le Parnasse breton publié par Louis Tiercelin et Jean-Guy Ropartz.

On y lit l'introduction suivante des anthologistes :

"Mme Eugène RIOM
Le bagage poétique de Mme E. Riom (Louise d'Isole, le comte de Saint-Jean) est très considérable. Les reflets de la lumière (1857) sont, croyons-nous son premier recueil de vers ; pendant les trente années qui on suivi et sans parler de son œuvre en prose, elle a publié Flux et reflux, Le poème de Merlin, Passion, Après l'amour, Salomon et la reine de Saba, Les légendes bretonnes etc.
Merlin a été réimprimé, récemment avec une préface du poète canadien Louis Frechette. Mme Riom qui est née au Pellerin (Loire-Inférieure), s'inspire, souvent, et avec bonheur, de la nature et des traditions de la Bretagne."

L'anthologie comporte quatre de ses poésies :

Elie
L'égyptienne mourante
A la mémoire de Louis Géhenne (mort à 20 ans pour la France à Formose)
Au Canada

Cette dernière a été inspirée à Adine Riom par le séjour de Louis Fréchette au Pellerin en 1887

Au Canada

O Canada français, perle du nouveau monde
Toi qui fus notre enfant, espère en l'avenir ;
Chez nos esprits fougueux la mémoire est profonde
Et nous n'avons jamais perdu ton souvenir.

Nous savons que, malgré le pouvoir qui t'oppresse,
Tu gardes notre empreinte avec un soin jaloux,
Et puisque sur ton front brille encore la jeunesse,
Tu dois avoir aussi l'espérance ; attends-nous !

A notre Alsace en deuil, comme à notre Lorraine,
Cherchant à s'échapper des serres du vainqueur,
Demande si le temps peut glacer notre veine,
Si l'ombre de l'oubli peut couvrir notre cœur.

Vers la douce lueur de ta lointaine terre,
La France jette aussi des regards éperdus,
Et dit, en te pleurant comme pleure une mère :
"Mes fils les plus aimés sont ceux que j'ai perdus !"


Si les Canadiens depuis 1763 n'ont jamais oublié leur ancienne mère patrie, c'est moins le cas, malgré ce qu'en dit Adine Riom dans ses vers, des français pour leur ancienne colonie. Il faudra attendre 1908 et la participation de l'amiral Jauréguiberry et de Louis Herbette aux fêtes du tricentenaire de Québec, pour la voir revenir officiellement sur les bords du Saint-Laurent.
Mais sous la Troisième république, un siècle après la Révolution française, les républicains français amis des libéraux canadiens français (parmi lesquels Beaugrand et Fréchette), imputent à la monarchie de Louis XV l'abandon des frères américains.
Adine Riom établit ici une parallèle entre l'Alsace et la Lorraine depuis 1870 sous la botte prussienne et le Canada sous le pouvoir anglais qui l'oppresse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Notes de lectures