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Le combat pour une meilleure reconnaissance du rôle des femmes dans la société de son temps est une priorité pour le Schoelcher des années 1880. Il succède à Victor Hugo à la présidence d'honneur de la Ligue pour la défense des droits de la femme et se lie d'amitié avec l'ardente féministe Maria Deraisme. Cependant, pour reprendre les termes d'Anne Girollet (Victor Schoelcher, abolitionniste et républicain, éd. Karthala 2000) le féminisme de Schoelcher est quelque peu mitigé. Ainsi, s'il considère la femme comme l'égale de l'homme, il tend à la cantonner dans son rôle de mère et quelques fonctions sociales. Il ne tente pas de démarches pour lui faire obtenir le droit de vote. Dans cette perspective, les textes écrits postérieurement à sa fonction par la secrétaire de Victor Schoelcher sont intéressants.
A la mort de Schoelcher (décembre 1893), après avoir témoigné de son travail près de lui, Anna Lampérière entreprend une carrière de journaliste au Temps rédigeant  une chronique consacrée aux Femmes et jeunes filles. En 1894, elle fait paraître un long article dans la Nouvelle Revue intitulé L'éducation de la femme qui s'inspire mais édulcore les idées de Schoelcher, lui-même ardent défenseur dès 1881 de l'extension aux filles de l'enseignement primaire obligatoire.
Dans le texte de 1894, Anna Lampérière prône une éducation spécifiquement féminine. L'ouvrage qu'elle publie en 1898 Le rôle social de la femme lui vaut une certaine notoriété, mais en s'y déclarant antiféministe, elle s'attire les critiques des plus radicales. Louise Debor, dans le journal féministe La Fronde lui consacre un papier intitulé : Féministes et féminines, binôme promis à une belle carrière : "Il y a quelque coquetterie de la part de Mme Anna Lampérière, à se déclarer antiféministe ; la brochure qu’elle vient de consacrer au Rôle social de la femme, et qui renferme tant de vues excellentes, constitue le meilleur démenti qui soit à la fâcheuse théorie de l’infériorité mentale de la femme."

 

Tag(s) : #Vieux papiers et grimoires