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Qui se souvient encore que voici 130 ans le Bourg des Moutiers élisait à la tête de la commune un futur député ?

            Jules Galot, dont la famille possède la propriété du Collet, a 39 ans. Né au Havre en 1839, il avait fait ses études au Lycée de Nantes avant de passer dix ans dans l'administration des douanes où son père avait fait carrière. Reconverti dans les affaires maritimes et coloniales après son mariage (il épouse Hortense Sageran, nièce du négociant Gabriel Lauriol), il amorce sa carrière politique en entrant au Conseil municipal des Moutiers, dont il est élu maire à la mort d'Alexandre Baconnais. Domicilié à Nantes, rue de la Bastille, il devient la même année (1878) consul d'Italie dans cette ville. Il est administrateur de la compagnie des charbons de Blanzy-Ouest (d'abord installées près de la gare sur le site futur des usines LU, les installations de la compagnie vont immigrer vers Chantenay) et vice-président de la Compagnie nantaise de navigation à vapeur.
           En 1880, il devient conseiller d'arrondissement de Bourgneuf. Le Conseil d'arrondissement n'a aucun pouvoir décisionnaire (sauf pour la répartition entre communes de certains impôts) mais il est encore électif, se réunit une fois par an à la sous-préfecture de Paimboeuf et est surtout un tremplin vers le Conseil général. Pour Jules Galot, c'est l'occasion de s'intéresser au petit port du Collet et à son écluse nouvellement établie.
            A partir de 1883, Jules Galot et sa belle famille les Sageran entreprennent des opérations immobilières de lotissements à Nantes et dans le quartier de Gourmalon à Pornic-le Clion. En 1886, et après avoir acheté quelques années plus tôt la propriété de la Mossardière (il achète en 1894 celle de la Tocnaye sur la même commune de Sainte-Marie où il établit un hippodrome inauguré en septembre 1904), il choisit de se présenter à la mairie de Sainte-Marie dont il va rester le magistrat suprême jusqu'à sa mort. Conseiller général du canton de Pornic la même année, il est élu en 1898 député de la circonscription de Paimboeuf où il succède au comte de Juigné pendant deux mandats. En mai 1906, Jules Galot laisse la place au petit cousin de son prédécesseur, le marquis de Juigné, en août, le "petit train" Pornic-Paimboeuf dont il a particulièrement suivi le dossier au Conseil général, effectue son voyage inaugural. Il s'éteint dans sa propriété de la Mossardière le 10 septembre 1908.
             Le 20 septembre, le Courrier de Paimboeuf rend compte des obsèques de l'ancien député, le corps emporté depuis sa demeure jusqu'à l'église de Sainte Marie sur un char tiré par quatre bœufs, le service dans une église trop petite pour contenir l'assistance. Au cimetière, les discours se succèdent, M. Guillou son adjoint à Sainte Marie, l'instituteur M. Lecoq, le député de Juigné et le président du Conseil général M. Jamin.
           Le sociologue René Bourreau, ancien élève d'Emmanuel Le Roy-Ladurie, a donné dans son ouvrage Monarchie et modernité (l'utopie restitutionniste de la noblesse nantaise sous la IIIe République) aux éditions de la Sorbonne, une analyse précise et pertinente de la carrière politique de Jules Galot, j'y reviendrai.
  Jules Galot (Archives G. Viot)

Tag(s) : #Raconter son village