Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

80-7-14_Roll.jpg                                                                                                           Alfred Roll, Le 14 juillet 1880   

 

Alors que les premiers nuages s’amoncellent dans le ciel politique départemental avec les décrets du 29 mars 1879 contre les congrégations religieuses non autorisées, Louis Herbette, préfet de Loire-Inférieure, rédige une longue circulaire motivée par la loi du 6 juillet 1880 fixant la fête nationale au 14 juillet. Pour le jeune préfet, la fête républicaine est avant tout la reconnaissance de la République aux idées universelles de la Révolution française, il aura maintes fois l’occasion dans le futur d’entretenir ses interlocuteurs étrangers de la « grandeur française » née, à son sens, de l’apport au monde des idées de 89. Pour l’heure, il lui faut organiser les festivités officielles du département où l’accent est porté sur les manifestations patriotiques, La Marseillaise et le drapeau tricolore. Le récit a été fait de « ce qui a du être une grande, une étonnante journée dans l’histoire de notre ville » (1),  mais qu’elle ait été l’expression d’un enthousiasme populaire avec la retraite aux flambeaux et les fêtes de quartiers, une manifestation patriotique, ou l’affirmation d’une nouvelle force sociale avec le défilé des corporations ouvrières, la fête ne génère pas encore d’arrières pensées chez les républicains unanimes de 1880. Il suffira d’une année pour que les premières fissures apparaissent.
         Le 14 juillet, Louis Herbette prononce « d’une voix ferme et éclatante » le premier discours nantais d’une célébration marquée par l’imposant défilé où les sociétés de secours mutuel, les chambres syndicales et les corporations ouvrières affirment leur présence.
         Le défilé constitue une manifestation populaire, les troupes n’y participent pas. Il rassemble derrière la municipalité et la musique du 65e de ligne, les élèves du lycée de Nantes, fusil sur l’épaule, les sapeurs-pompiers, les élèves des institutions et écoles nantaises, les sociétés de secours mutuel, les chambres syndicales et les corporations ouvrières, les chefs d’œuvres de compagnons porté sur des brancards comme des statues religieuses donnant à cet immense défilé de 15 000 personnes des allures de procession.

 

(1) E. LEROUX  Histoire d’une ville et de ses habitants, Nantes  éd. ACL 1984 p. 254


   Extrait de "Louis Herbette, préfet de Loire Inférieure 1879-1882"
à paraître dans le bulletin 2010 de la Société Archéologique et Historique de Nantes et de Loire-Atlantique
 

 

Tag(s) : #De l'histoire locale à la grande Histoire